Y a des ivrognes qui s'épanchent au bar
Qui glissent lentement le long du comptoir par terre
Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Le patron a un flingue pour l'ingénu qu'en voudrait à la tirelire
Dans les chiottes, les mots gravés sur les murs
Parlent de sexes géants, d'amour et d'ordures (ensemble)
Ici chacun doucement oublie l'ombre d'une vie passée, d'une femme, de
décombres
Dans ce cliché funèbre, on cherche l'oubli : d'un parfum, d'une
voix...
On éteint l'impact encore brûlant de lèvres entrouvertes
humides et douces
Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Certains soirs, tout à coup, dans un coin, on s'arrête de rire
!
Et quand brusquement les lames sortent, tout le monde dégage,
Se jette sur la porte en verre
Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Y a des seringues vidées goulûment dans des bras sans av'nir
Ici la dope c'est à la poignée
Les p'tites cuillères servent que rar'ment pour le café
Ici chacun douc'ment oublie l'ombre d'une vie passée d'une femme de
décombres
Dans ce cliché funèbre on cherche l'oubli d'un parfum d'une voix
On éteint l'impact encore brûlant de lèvres entrouvertes
humides et douces
Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Y a des vieux gars tatoués partout qui racontent leurs souvenirs
Y a des voyageurs tristes pardessus et valises
Y a des bookmakers qui ramassent les mises la nuit
Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
On peut tout ach'ter tout vendre le meilleur et le pire
Une vieille clocharde la gueule défoncée
Rentre avec sa poussette et se met à gueuler à boire