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Les 12 étapes du pardon

Juste une mise au point

Se comprendre

Fermez les yeux

Cinq choses à penser si vous désirez mettre fin à vos jours

La léproserie

Restaurer l'estime de soi

La mesure de l'homme

Lâcher prise

Les clés de l'amitié

Qui est le sauvage ?

Règles pour un mariage heureux

Un songe

Quand lui, quand moi

Dans la salle du bar-tabac de la rue des martyrs

Ecouter

Les lois sont bêtes

L'amour, qu'est ce que ça veut dire ?

La politique

L'éternité, c'est...

L'intelligence à la portée du con

Se faire des amis : mode d'emploi

Embrassez le cul de Marcel!

Raison ou tort ?

Le saviez-vous ?

Arguments pour l'existence de Dieu

Dieu n'empêche pas le mal, pourquoi ?

Bougez-vous !

Me plaindre, moi, plus jamais

La leçon de guitare

 

 

Les 12 étapes du pardon

 

Première étape : une décision

Ne plus accepter le chemin de la vengeance pour régler une situation d'injures, de blessures, de trahison. C'est très important que cette décision soit prise avant que l'offense arrive. Lorsque l'offense arrive, si cette décision n'est pas prise, vous allez penser immédiatement à cet aspect de vengeance et vous allez en prendre le chemin. [...]

Quand je me sens déprimé, quand quelque chose ne va pas je me dis "Jean, qu'est-ce qui ne va pas ? Tu as été blessé. Qu'est-ce que tu fais de cela ? Est-ce que tu te victimises, est-ce que tu entretiens une sorte de vengeance passive à l'intérieur de toi?" J'essaie de me saisir dans cet élan que je pourrais avoir de me venger des personnes.

L'autre élément de la première étape est très important. C'est de faire cesser l'offense. Vous ne dépensez pas d'énergie dans le pardon tant que la personne perpétue son offense sur vous. Pour moi, c'est une autre décision dans ma vie. [...]

Le pardon doit commencer par un acte de courage qui consiste à faire cesser l'offense. Tant que la personne vous offense, vous ne mettez pas votre énergie dans le pardon. Vous savez que vous allez lui pardonner éventuellement. La première énergie à déployer c'est pour qu'elle arrête cette offense. Ce n'est pas facile. [...]

Il y a quand même quelque chose de délicat "comment faire cesser l'offense sans s'en aller vers la violence ?" [...] C'est Gandhi qui nous a enseigné, inspiré aussi par Jésus Christ, la résistance passive ou la non-violence pour faire cesser une injustice qui nous est faite. [...]

Deuxième étape : reconnaître l'offense

Reconnaître qu'on a été blessé intérieurement. Lorsqu'on a souffert d'une injustice, d'une trahison, lorsqu'on a été insulté, lorsqu'on a été malmené, trahi, il y a une première tendance, c'est d'excuser la personne, d'oublier, de vouloir minimiser la faute ou encore de croire : l'autre m'attaque, mais c'est moi qui me sens coupable dans cette situation-là. [...]

Il faut redresser cette situation-là et rentrer en contact avec sa blessure intérieure. Ce n'est pas si facile que cela. Nous avons des mécanismes de défense qui nous empêchent de vouloir trop souffrir et à ce moment-là, on va faire toutes sortes de manoeuvres pour ne pas rentrer en contact avec cela. On va essayer d'excuser l'autre personne, on va essayer de lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Je connais beaucoup de gens qui ont pardonné trop vite sans respecter ce qui ce passait à l'intérieur d'eux-mêmes. Il faut respecter sa souffrance, rester en contact avec elle.

Troisième étape : partager avec quelqu'un

Une fois que vous êtes en contact avec votre blessure intérieure, allez en parler avec quelqu'un, allez l'objectiver avec une personne. Tant qu'on n'a pas exprimé cette blessure, le danger, c'est qu'elle s'en aille d'une manière inconsciente de notre vie. A ce moment-là, on reste blessé. Les personnes qui viennent me voir en tant que psychothérapeute ont de l'anxiété, sont mal dans leur peau, déprimées et c'est grâce à la parole qu'on arrive à les libérer.

Il y a quantité de personnes qui se promènent dans la vie, toutes fragmentées, pas réconciliées. Ce sont des grandes blessures et c'est souvent dans leur relation avec une autre personne que ça peut sortir. [...]

L'essentiel, ce serait d'aller voir son offenseur, de le regarder dans les yeux et de lui dire "quand tu as fait telle chose, je me suis senti comme ça". C'est un risque à prendre parce que la personne peut dire "ah, c'est ton problème". Mais je peux vous dire que depuis un certain temps, quand je fais cela, la plupart des gens me disent "ah, je n'ai pas voulu te faire mal, j'étais fatigué". [...]

Quatrième étape : très bien identifier sa blessure

Très bien identifier sa blessure pour être capable de faire le deuil de nos attentes vie-à-vis des personnes. Certaines personnes ont tendance à se victimiser, à exagérer les blessures qu'on leur a faites. C'est important de ne pas se victimiser mais de savoir exactement ce qu'on a perdu dans cette blessure-là. Dans les livres que j'ai lus sur le pardon, on ne parle jamais de deuil, mais dans tout pardon, il y a un deuil à faire par rapport aux attentes que l'on avait vis-à-vis de quelqu'un. [...]

Si vous jouez à la victime vous ne pourrez pas pardonner. C'est pour cela qu'il est important d'en parler à quelqu'un pour pouvoir cibler exactement ce qui a été touché. Etre capable de bien cerner pour être capable de faire le deuil. Faire le deuil, c'est pouvoir pleurer la situation, la laisser partir. Donc savoir cibler exactement ce qui a été touché en nous dans l'offense subie : ce n'est pas toujours le bien matériel ou psychologique mais plutôt la symbolisation qu'on fait de l'offense. C'est différent pour toutes les personnes. Vous allez avoir deux personnes qui ont subi la même offense. Elles n'auront pas mis la même valeur à la même place. L'offense est quelque chose de subjectif.

Cinquième étape : Accepter la colère

Qu'est-ce que je fais avec la colère qui est suscitée en moi ? Il y a des personnes qui retournent leur colère contre elles-mêmes. D'autres vont déplacer la colère et la voir chez les autres. La colère est un second sentiment par rapport à la blessure. [...] Derrière la colère, il y a une blessure, une frustration et c'est ce qu'il faut aller chercher. [...]

S'il n'y a pas une purgation des différentes émotions, la tristesse, la colère, la frustration, la personne ne guérira pas. Pour exprimer corporellement votre colère, vous pouvez taper dans des coussins, faire des exercices corporels fatigants. Dans l'émotion, il y a le mot "motion" qui suggère le mouvement. Pour la tristesse, c'est les pleurs. Les femmes ont plus d'accès aux pleurs que les hommes. Pour pleurer il faut être capable de régresser un peu.

Sixième étape : se pardonner à soi-même

C'est une très mauvaise expression parce qu'on est incapable de se pardonner à soi-même. Ce qui est important c'est d'être capable de réharmoniser sa vie. Quand on est blessé on se fragmente. Il faut rétablir l'unité à l'intérieur de soi. Comment refaire cette unité intérieure ? Toutes les fois qu'on vous blesse, il y a une partie de vous qui devient agressée et une autre partie qui devient agresseur.

Se guérir, c'est refaire l'unité entre ces deux parties-là. Arrêter de s'agresser intérieurement. Il faut harmoniser les différentes parties de soi : la partie victime, celle qui souffre qui a été atteinte, l'autre qui a été contaminée et qui est devenue agresseur à l'intérieur de vous. La partie de vous qui a été contaminée, c'est la partie qui voulait vous défendre, qui voulait survivre. Il y a donc une partie de vous qui vous agresse et une autre partie qui souffre. C'est important de reconnaître ces deux parties. Quand on les a bien regardées, peu à peu, on les laisse se rejoindre. [...]

Toutes les fois que vous avez une antipathie que vous êtes incapable de vous expliquer, dites-vous qu'il y a une fragmentation à l'intérieur de vous et que vous en projetez un morceau sur cette personne. [...]

Septième étape : comprendre son offenseur

Comprendre ne veut pas dire excuser son offenseur. Si l'offenseur est responsable de ses actes, on ne peut pas l'excuser. Mais en essayant de comprendre comment il a été éduqué, quelles sont les blessures qu'il a eues dans sa vie, cela nous aide à avoir un pardon plus intelligent. On ne peut pas tout comprendre de l'offenseur, mais on peut s'expliquer des choses. Il faut essayer de comprendre ce qui l'a poussé à commettre un tel acte. [...]

Huitième étape : donner un sens à sa blessure

Ce n'est pas évident au départ que cette blessure-là va me faire grandir. Mais je peux vous dire qu'une grande blessure qui m'a pris trois ans à pardonner m'a lancé sur une piste à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Comment se fait-il que je me sois lancé dans le pardon ? C'est le sens que je donne à ma blessure, à mon tour d'être capable d'aider d'autres personnes à pardonner. [...]

Neuvième étape : renoncer à pardonner par soi-même

[...] Le danger c'est de vouloir pardonner pour manifester sa supériorité envers l'autre. On ne pardonne pas aux autres, on se laisse prendre par le pardon. [...]

Dixième étape : cesser de s'acharner à vouloir pardonner

Le vrai moteur pour le pardon, c'est de se savoir aimé profondément, inconditionnellement de Dieu. Si vous vous sentez aimé profondément, vous allez être capable de pardonner. Quelqu'un qui ne se sent pas aimé, est-il capable d'aimer les autres ? Si vous avez l'impression que jamais on ne vous a rien pardonné dans votre vie, allez-vous être capable de pardonner à d'autres ?

C'est pour cela qu'au départ de votre capacité de pardonner, il y a d'abord ce sentiment très profond que moi, malgré mes lacunes, mes manques, mon péché, mes difficultés, mes égoïsmes, j'ai été aimé inconditionnellement. C'est cette conscience d'être aimé inconditionnellement qui va être le moteur de votre générosité dans le pardon. Celui qui se sait aimé profondément, le pardon de Dieu va passer à travers lui comme un écho.

Onzième étape : s'ouvrir à la grâce de pardonner

Les personnes qui sont incapables de se pardonner sont incapables de pardonner aux autres. Les personnes qui sont incapables de recevoir le pardon de Dieu, de se sentir aimées pour elles-mêmes sont incapables de se pardonner à elles-mêmes et de pardonner aux autres personnes. C'est beaucoup plus facile d'être généreux et de donner des choses que de se laisser aimer parce que se laisser aimer cela suppose qu'on se rende disponible à l'autre. La plupart des personnes sont incapables de recevoir le pardon gratuit de Dieu parce qu'elles passent dans la vie en disant "la gratuité n'existe pas!" [...]

Il n'y a rien de plus difficile que de recevoir quelque chose d'une manière gratuite. On a toujours l'arrière-pensée qu'il y aura quelque chose à payer. Quand vous rentrez dans un régime de pardon, vous rentrez dans un régime d'abondance, vous rentrez dans un régime de générosité, vous entrez dans un régime de démesure. Il n'y a pas de rationalité possible là-dedans. Il n'y a que des fous qui sont capables d'aimer comme Dieu a aimé, de pardonner comme Dieu pardonne. [...]

Douzième étape que faire de la relation avec la personne

Est-ce que je me réconcilie avec la personne ? Dans certaines situations, il est mieux qu'il n'y ait pas de réconciliation physique, si la personne n'a pas changé, si elle peut vous agresser, vous faire du mal. [...]

Si tu te réconcilies avec la personne, la relation ne peut plus revenir comme avant. Lorsqu'il y a eu une blessure entre deux personnes, le seul chemin, c'est l'approfondissement de l'amour entre ces deux personnes. C'est le seul chemin possible et pour moi, il y a un vieux principe qu'un amour qui n'a pas souffert est un amour qui manque de profondeur. [...]

Et là, il se passe quelque chose. Quand on peut soufrir ensemble et accepter cette souffrance-là, il y a une sorte d'approfondissement. Ils communient dans une souffrance commune où ils acceptent de souffrir sans blâmer l'autre personne, sans l'accuser. Là, je m'aperçois que la réconciliation s'est faite dans un amour qui s'est approfondi dans une souffrance commune où on a pris ses responsabilités et où on a accepté de compatir à la souffrance de l'autre.

Jean Montbourquette