Musique ? Oui | Non

.::Quatrième galet::.
Chagrin d'amour

Le cadeau parfait

A toi avec qui je partage ma vie

Prière d'une secrétaire

Les deux anges

A l'aube de demain

Gardez votre fourchette !

Ceux qui gagnent

Si...

Si... (2ème version)

L'enfance d'avant

Texte de Bouddha

Desiderata

Brêve histoire de l'évolution

Manifeste masculin

La grenouille et le cheval

Conseils d'enfants

La maladie d'amour

Réflexion africaine

Les oiseaux-larmes

Les framboises

Les bons moments de la vie

La maladie du bonheur

La folie joue à cache-cache

Hier, aujourd'hui et demain

Une vie éternelle

Un homme et son chien

L'aigle de basse-cour

Renseignement, SVP !

La poupée et la rose blanche

 

 

Si

 
 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie,

 
 

Et, sans dire un seul mot, te mettre à rebâtir,

 

Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties,
Sans un geste et sans un soupir.
Si tu peux être amant, sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre.
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter les sots
Et d'entendre sur toi, mentir leur bouche folle,
Sans mentir à ton tour d'un mot.
Si tu peux rester digne en restant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi.
Si tu peux observer, méditer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou détracteur,
Rêver, mais ne jamais laisser le rêve devenir ton maître,
Penser, sans n'être qu'un penseur.
Si tu peux être dur, sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave, et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu peux être sage,
Sans être moral ni pédant.
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête,
Quand tous les autres les perdront.
Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.


Rudyard Kipling